falot


falot

1. falot [ falo ] n. m.
• 1371; toscan falô, altér. du gr. pharos « phare »
1Grande lanterne. fanal. « Quelques ombres passaient, un falot à la main » (Musset).
2(1888) Arg. milit. Conseil de guerre. « Surtout ne cassez pas vos képis, hein ? dit l'adjudant, ou alors je vous fais passer au falot » (Mac Orlan).
falot 2. falot, ote [ falo, ɔt ] adj.
• 1466; subst. jusqu'au XVIIe « joyeux compagnon »; adj. « joyeux » 1534; p.-ê. angl. fellow « compagnon »
1Vx Joyeux, gai. « Un bon couplet, chez ce peuple falot [les Français], De tout mérite est l'infaillible lot » (Voltaire).
Par ext. Vx ou littér. Grotesque. ridicule. « J'avais cet empressement falot que montrent les hommes au milieu des troubles domestiques » (Duhamel).
2(1922) Mod. Qui manque de personnalité, d'éclat. Personnage falot. anodin, effacé, insignifiant, 1. terne.
⊗ CONTR. 1. Brillant.

falot nom masculin (italien falò, du grec byzantin pharos, phare, croisé avec le grec classique phanos, lumière) Lanterne portative de grande dimension. Argot militaire. Conseil de guerre, tribunal militaire. ● falot (synonymes) nom masculin (italien falò, du grec byzantin pharos, phare, croisé avec le grec classique phanos, lumière) Lanterne portative de grande dimension.
Synonymes :
falot, falote adjectif (anglais fellow, compagnon) Effacé, insignifiant : Un personnage falot.falot, falote (difficultés) adjectif (anglais fellow, compagnon) Orthographe Féminin : falote, avec un seul t. ● falot, falote (synonymes) adjectif (anglais fellow, compagnon) Effacé, insignifiant
Synonymes :
Contraires :
- éminent
- supérieur

falot, ote
adj. Terne, effacé. Un être falot.

I.
⇒FALOT1, subst. masc.
A.— Vx. Récipient empli de suif, de poix, d'artifices, servant à éclairer les abords d'un lieu de fête, les cours des maisons, etc. Synon. vieilli pot à feu, (quasi-)synon. flambeau. La place royale est ce soir, aux falots, claire comme une chapelle! (BERTRAND, Gaspard, 1841, p. 101).
B.— Lanterne portative emmanchée au bout d'un bâton ou portée à la main. Porter un falot au bout d'un bâton (Ac. 1835-1932). « Vous, monsieur le Baron, vous nous précéderez et tiendrez le falot. » Sigognac acquiesça d'un signe de tête à cet arrangement. Les deux comédiens (...) se mirent en marche précédés du baron, qui faisait tomber sur leur route la lumière de la lanterne (GAUTIER, Fracasse, 1863, p. 148). La lumière du falot que le maître vient de suspendre à un clou enfoncé dans le montant d'un des lits (RAMUZ, Gde peur mont., 1926, p. 140). Un falot balancé par un bras (MAURIAC, T. Desqueyroux, 1927, p. 185).
1. En partic., domaine milit.
a) Vx. ,,Espèce de lanterne dont on se sert pour faire les rondes et patrouilles`` (CARABELLI, Lang. milit.). Nous vîmes déboucher d'un coin de la rue une patrouille, précédée d'un falot (A. DAUDET, Contes lundi, 1873, p. 112).
Halte au falot! ,,Commandement lancé par une sentinelle à l'approche d'une ronde portant un falot`` (Lar. Lang. fr.).
b) Au fig., arg. milit. [P. allus. à la forme du képi des juges milit.] Passer le falot, passer au falot. Tu connais Beuillard, celui que t'as fait passer au falot (VERCEL, Cap. Conan, 1934, p. 244). P. ell. Le falot. Le conseil de guerre :
... un visage brusquement inexorable vous signifiait votre crime, et l'on vous passait au tourniquet, sans que vous ayez pu nier le fait, discuter sa qualification, son châtiment étiqueté d'avance... Tout cela, nous le savions de belle date! Pendant la guerre, le « falot » faisait partie des risques, mais comme c'était un des moindres, on n'y pensait pas.
VERCEL, Cap. Conan, 1934 p. 64.
2. Spéc., MAR. Grande lanterne utilisée sur les bateaux et placée sur le haut du mât, de la poupe. Synon. fanal. Cette gondole, éclairée d'un falot de mille couleurs, ne portait sur cette mer indolente que le plus insouciant de ses fils (MUSSET, Nuit vénit., 1834, 1, p. 17). Don Rodrigue, enchaîné, sur un bateau qui se dirige vers la terre. Un gros falot attaché au mât éclaire la scène (CLAUDEL, Soulier, 1944, épilogue, 2, p. 1087).
Rem. La docum. atteste a) Homme-falot, porte-falot, subst. masc. Porteur de falot. Eh non! dit le porte-falot, je suis le nain de monseigneur le Roi qui arrive cette nuit de Compiègne, et qui me dépêche devant pour faire ouvrir la poterne du Louvre (BERTRAND, Gaspard, 1841, p. 146). J'aurai, maintenant, besoin de la lanterne; mais il ne faut pas que ce soldat reste auprès de nous. On dépouilla l'homme-falot de son attribut principal, et on le renvoya au poste (ROMAINS, Copains, 1913, p. 196). b) Falot tempête, région. (Suisse). Des hommes étaient survenus, tenant à la main leur falot tempête, qui a une anse comme un panier; de ceux dont on se sert dans les écuries pleines de paille ou dans les granges pleines de foin; c'est pourquoi il convient que la flamme en soit protégée. C'est pourquoi elle est entourée d'un globe de verre épais, lequel est entouré à son tour d'une armature de fils de fer qui le tient à l'abri des chocs (RAMUZ, Si le soleil ne revenait pas, Lausanne, éd. Rencontre, 1968 [1937], p. 53). Cf. lampe tempête.
Prononc. et Orth. :[falo]. Var. fallot, attestée ds Lar. 20e. Étymol. et Hist. 1371 « grosse lanterne » en gén. (Chos. commun., n° 34, p. 11, A. Valenc. ds GDF. Compl.) — 1625, Stoer d'apr. FEW t. 8, p. 370b; 1516 spéc. mar. (Ch. BRÉARD, Doc. relatifs à la marine normande aux XVe et XVIe s., p. 42 ds IGLF : Deux fallotz de fer à porter le feu par la mer). Empr. à l'ital. falò « feu allumé pour fêter quelque chose », d'abord attesté dep. fin XIIIe-début XIVe s. en a. toscan (P. Pieri ds BATT.) issu d'un farò corresp. à l'a. cat. faró, esp. farón, port. farol (l'évolution phonét. r > l aurait eu lieu en pisan où ce phénomène est fréquent : v. FEW t. 8, p. 371b, et KAHANE Byzanz, col. 422), lui-même altération, sous l'infl. du gréco-lat. pharus (phare), du gr. byz. « torche, lanterne » (XIIe s., Eustathios; d'où le vénitien fanò, attesté indirectement dep. le XIIIe s.). V. KAHANE Byzanz, loc. cit. Fréq. abs. littér. :154.
II.
⇒FALOT2, OTE, adj.
A.— Vx. [En parlant gén. d'une pers.] Drôle, gai, joyeux, plaisant; p. ext., péj., grotesque, ridicule. Une petite femme grasse et courte, avec une tournure boulotte où il y avait quelque chose de fallot, de cocasse, de comique (GONCOURT, Man. Salomon, 1867, p. 271).
B.— Usuel
1. [En parlant d'une pers.] Sans relief, sans intérêt; ,,insignifiant jusqu'à en devenir comique`` (Ac. 1932). (Quasi-)synon. anodin, effacé, terne. Drôle de fille, falote, douce, maladive, qui parle d'une voix pâle comme ses joues (DORGELÈS, Croix de bois, 1919, p. 121). Un personnage falot, un fantoche bureaucrate. Ni densité, ni relief (ARNOUX, Solde, 1958, p. 116).
P. méton., littér. Une œuvre falote, quand même on l'imprimerait in-folio (J. DE MAISTRE, Corresp., 1811-14, p. 251).
2. [En parlant d'un inanimé concr., parfois abstr.] Faible, vacillant; qui ne se laisse percevoir que de façon incertaine. Une réalité falote jusqu'à devenir imperceptible (GAULTIER, Bovarysme, 1902, p. 304). Des fantômes chimériques, des formes lumineuses, falotes, comme des flocons de brume déchirée par la brise (HOURTICQ, Hist. art, Fr., 1914, p. 361).
Rem. La docum. atteste les dér. rares a) Falotement, adv. D'une manière falote, drôle, grotesque. Cette chose falote baptisée falotement par lui « Naturalisme » (L. DAUDET, Dev. douleur, 1931, p. 98). b) Faloterie, subst. fém., vx ou littér. Acte d'une personne falote; caractère falot. Personnage infiniment raisonnable sous sa faloterie (Romains ds ROB. Suppl. 1970).
Prononc. et Orth. :[falo], fém. [-]. Var. fallot (GONCOURT, loc. cit.). Enq. : alo, -t/. Ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. Ca 1450 subst. mon gentil fallot (Myst. Vieil Testament, XXVII, 22410, éd. J. de Rothschild, III, 227), cf. aussi le jeu de mots de Rabelais sur falot « lanterne » dans sa transcription de l'expr. angl. good fellow « bon compagnon » (Tiers Livre, XLVII, éd. M. A. Screech, p. 315 : pren Millort Debitis à Calais, car il est goud fallot, et n'oublie debitoribus, ce sont lanternes); av. 1544 adj. gay et fallot (B. DES PÉRIERS, Nouv. Récr., 17 ds HUG.); 1655 péj. (MOLIÈRE, L'Étourdi, v. 869-870 d'apr. Arveiller ds Fr. mod. t. 17, p. 235). Empr. à la forme fallow, falow du m. angl. fel(l)ow « partenaire, compagnon » attestée notamment comme forme d'Écosse (1538 Crim. Trials Scot. I, 251 ds NED), cet empr. pouvant s'expliquer par la présence d'archers écossais dans la garde des rois de France et celle d'étudiants d'orig. écossaise à l'Université de Paris (SAIN. Lang. Rab. t. 2, p. 13; FEW t. 15, 2, p. 120b). L'expr. gentil fallot des 1res attest. (cf. GDF. Compl. et HUG.) correspond à l'angl. good fellow « bon compagnon » employé notamment pour désigner les compagnons de plaisir, et confirme bien que, si le terme a été rapproché de falot « lanterne », il ne peut être considéré comme un emploi particulier de ce dernier que Rabelais aurait assimilé plaisamment au mot angl. (SAIN. Lang. Rab. t. 2, p. 241). Fréq. abs. littér. :90. Bbg. BONN. 1920, p. 56, 180. — BRÜCH (J.). Frz. falot, it. falò. Z. fr. Spr. Lit. 1937/38, t. 61, pp. 219-225. — GIRAUD (J.). Variations et chang. de sens. Amis Lex. fr. Ét. lexicogr. 1976, t. 3, n° 14/15, p. 10. — HOPE 1971, p. 39. — VIDOS (B. E.). Beiträge zur französischen Wortgeschichte. Z. fr. Spr. Lit. 1935/37, t. 60, pp. 155-164.

1. falot [falo] n. m.
ÉTYM. 1371, « torche, grosse lanterne »; toscan falô, altér. du bas grec pháros « phare, lanterne », croisé avec phanós « lumière, lanterne », de phanein « briller ».
1 (1578). Grande lanterne. Fanal. || Mettre un falot au bout d'un bâton.
1 La rue où je logeais était sombre et déserte;
Quelques ombres passaient, un falot à la main (…)
A. de Musset, Poésies nouvelles, « Nuit d'octobre ».
2 (…) tandis que le falot d'Hippolyte, qui cherchait des coffres sur la bâche, faisait comme une étoile dans l'obscurité.
Flaubert, Mme Bovary, II, XIV.
3 Des employés couraient dans la nuit, agitant des falots dont les reflets miroitaient sur le trottoir mouillé.
Martin du Gard, les Thibault, t. III, p. 86.
Spécialt. Grande lanterne utilisée sur les bateaux, ou placée à l'avant ou à l'arrière d'un train.
3.1 Un falot était allumé au pied du grand mât, autour duquel était appendu un râtelier garni d'armes à feu de toutes sortes.
J. Verne, l'Île mystérieuse, t. II, p. 620.
Régional (Suisse). || Falot tempête : lampe-tempête.
2 (1890). Argot milit. Conseil de guerre.Passer au falot : être traduit devant le conseil de guerre.
4 Surtout ne cassez pas vos képis, hein ? dit l'adjudant, ou alors je vous fais passer au falot.
P. Mac Orlan, Quai des brumes, XII.
5 — Est-ce que tu as dit non ou est-ce que tu as fait non avec la tête ? Ou est-ce que simplement tu ne t'es pas décidé à manger ? lui demanda Giscart, un connaisseur, au front attentif. Dans le premier cas, refus d'obéissance, tu es bon pour le falot.
Jacques Laurent, les Bêtises, p. 14.
————————
2. falot, ote [falo, ɔt] adj.
ÉTYM. 1466; subst. jusqu'à la fin du XVIIe, avec le sens de « joyeux compagnon »; adj., « joyeux », 1534; p.-ê. de l'angl. fellow « compagnon »; cf. Rabelais, Tiers Livre, 47; selon Guiraud, de la famille de fallere (→ Faillir), par les sens de « trompeur » et « faible, médiocre » (cf. régional fallet, faleu).
1 Vx. Joyeux, gai, plaisant, drôle.Par ext. Vx ou littér. Grotesque. Ridicule.
1 Après ces repas dissolus,
Chacun s'en va gai et fal(l)ot.
Des Périers, Nouvelles récréations, 17, in Huguet.
2 (…) le porteur m'a dit que sans ce trait falot
Un homme l'emmenait, qui s'est trouvé fort sot.
Molière, l'Étourdi, II, 11.
3 Un bon couplet, chez ce peuple falot (les Français),
De tout mérite est l'infaillible lot.
Voltaire, Épîtres, XLVII, « À la marquise du Châtelet ».
4 Tous les ridicules de cette digne femme, essentiellement charitable et pieuse, eussent peut-être passé presque inaperçus; mais la nature, qui plaisante parfois en lâchant de ces créations falot(t)es, l'a douée d'une taille de tambour-major (…)
Balzac, Modeste Mignon, Pl., t. I, p. 359.
5 Je cherchais à me rendre utile et j'avais cet empressement falot que montrent les hommes au milieu des troubles domestiques.
G. Duhamel, la Confession de minuit, XVIII.
2 (XXe). Mod. Insignifiant (et un peu ridicule). || Personnage falot. Anodin, effacé, insignifiant, terne.Lueur falote, que l'on distingue mal. Confus.
6 Mouchette crut voir son image falote glisser avec une rapidité prodigieuse.
Bernanos, Nouvelle histoire de Mouchette, in Œ. roman., Pl., p. 1344.
CONTR. Brillant, étincelant.
DÉR. Falotement, faloterie.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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